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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 14:37

                     Les voiles d'ALIENOR: les limites des voiles de jonque

 

Depuis plusieurs années, l'intérêt pour un système de voilure plus simple se fait sentir.

Pourtant, en cherchant un peu, des voiles de jonques aux voiles ailes en passant pas des voiles épaisses, un  nombre certain d'essais de voiles innovantes plus ou moins aboutis existent depuis longtemps.

Un article sur le site http://aladis.heoblog.com/ fait un inventaire exhaustif des différentes voiles alternatives.

Un site complète cet article et vous permet de découvrir les évolutions des différents projets:

http://www.voiles-alternatives.com/.

Je vous propose de vous y reporter si vous souhaitez approfondir le sujet.

 

Nous avons navigué avec des voiles différentes complètement par hasard et non par choix.

 

J'ai découvert la voile grâce à des copains qui construisait un Sauvignon ( plan Harlé).

Ils m'ont demandé de les aider à faire les balcons et autre travaux de soudure sur leur voilier. Pour me remercier, ils m'ont fait découvrir le bateau lors d'une navigation jusqu'en Corse. Je rêvais depuis longtemps de voyage et j'ai trouvé que le voilier était un bonne solution pour partir loin.

 


Aliénor en Nav avec 2 ris

A la recherche d'un plan, j'ai contacté plusieurs architectes dont Éric Lerouge.Éric m'a proposé un plan Lorcha grée avec deux mats fixes non haubanés et des « voiles de jonques ».Son discours novateur sur la légèreté des bateaux m'a paru pertinent, en corrélation avec mes connaissances techniques.

De plus le poids fait le prix du voilier. Avec mon budget, je pouvais ainsi envisager la construction d'un voilier léger de 10 m 20 , taille correcte pour un hauturier.

Nous avons mis Aliénor à l'eau en 1986 à Valence et avons navigué en famille de France jusqu'en Nouvelle Calédonie en passant par les Antilles de 1990 à 1997.

 

gallant

 

 

 

 

 

En faisant des recherches pour cet article, j'ai découvert qu'Eric avait prévu, pour le Lorcha, un gréement Galiant (voir l'article écrit par l'architecte Erik Lerouge pour la revue Loisirs Nautiques en 1981.)

Lorsque j'ai acheté le plan du Lorcha en 1983, Eric ne m'a pas parlé de ce système de voilure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aliénor en nav mat visible

tas d'écoute Aliénor  

Le gréement du Lorcha se compose de deux mâts fixes, cylindriques, rétreints vers le haut sans bôme.

La voile est simple et la coupe s'approche d'une voile de jonque, sans creux avec 6 lattes et une écoute par latte. Suffit de ne pas s'emmêler avec toutes ces écoutes !

La voile dépasse vers l'avant, elle est retenue par des bouts qui contournent le mât.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai fait fabriqué les mâts par un chantier, sur le conseil d’Éric Lerouge et un voilier a cousu les voiles ou plutôt les « bâches » dixit le voilier en constatant l'absence de creux .

Cela ne m'a pas perturbé pour autant. J'ai fait confiance à Éric qui m'avait affirmé que ces voiles marchaient bien.

Aux allures portantes et  travers, le voilier était plutôt performant mais au près et encore plus sur le bord soumis à l'influence du mât, c'était catastrophique malgré la carène optimisée pour cette allure.

 

Certains diront que le prés est une allure à éviter, que le moteur est une solution de rechange acceptable… sûrement en côtier et encore ! mais en hauturier le voilier doit  être performant à toutes les allures et pouvoir faire route devant le mauvais temps. C'est une question de sécurité minima, surtout lors de voyages en famille.

 

J'ai le souvenir d'un retour de Sète à Port Camargue par mistral. Le lendemain, nous étions sensés travailler. On a tiré un long bord vers le large, et puis vers la côte et nous nous sommes retrouvés au point de départ après plusieurs heures à nous faire chahuter. A ce moment là, une grande envie de rentrer à pied m'a assailli.

 

Premières désillusions:

           mat cassé    

 

 

 

L'arrivée des mâts à la fin du chantier, j'ai failli les refusés tellement ils étaient mal faits.

D'ailleurs, un mât s'est cassé à un mètre sous la tête de la voile arrisée par 35 nœuds de vent lors d'un retour de Corse.

Cet incident nous a permis de refaire des mâts plus solides, plus homogènes et un peu plus longs.

 

 

 

 

 

 

 

Les lattes en bois préconisées par Éric Lerouge ont cassé après 2 heures de navigation dans 10 nœuds de vent. Sans solution probante venant de l'architecte, nous avons essayé de résoudre la quadrature du cercle:

                 faire des lattes assez solides pour qu'elles ne cassent pas,

                                        assez souples pour permettre la formation d'un creux,

                                        assez rigides pour qu'elles ne creusent pas trop par vent fort...

 

Nous avons construit 4 jeux de lattes au cours des 7 ans où nous avons navigué avec ce système de voilure mais sans jamais trouver la solution miracle.

Il faudrait en fait plusieurs jeux de lattes: des lattes souples pour le petit temps et des lattes plus rigides par vent soutenu. Vraiment pas simple à mettre en œuvre! 

et reste le problème du près qui est une allure délicate pour ces voiles.

 

 

Aliénor

 

Beaucoup de passionnés ne jurent que par les voiles de jonques qui sont d'une simplicité redoutable mais efficace  qu'au portant.

Les jonques chinoises étaient majoritairement:

                   des bateaux de fleuves ou côtiers avec donc facilement  une possibilité de s'arréter et d'attendre le vent favorable et un accès aux bambous pour remplacer ceux qui étaient cassés

                    ou des bateaux naviguant avec la mousson donc normalement au portant emmenant sur le pont le stock de bambous nécessaire.

Notre programme était un peu différent. Nous avons navigué jusqu'au Antilles avec ces voiles mais nous rêvions de Pacifique et pour cela il nous fallait un voilier faisant route aussi au près.

Concevoir un système de voilure efficace par toutes les allures pour optimiser notre carène performante, rester plus qu'à... Suite au prochain article!

 

Pour info, voiles et voiliers a écrit un article sur Matin Bleu dans son numéro de Juillet.

Alors, bonne lecture

 

Guy et Maryline

 

 

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Published by matinbleu.over-blog.com - dans mat non haubané - voile aile
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commentaires

Nicolas Gendreau 01/04/2017 22:38

Bonjour,je vous suis depuis un bon moment ayant un projet presque similaire...Le Magie Noir,goélette à ailes de la première heure...Dés le chantier commencé cet été je voudrais savoir si vous seriez d'accord pour m'apporter une aide quand aux difficulté que vous avez sûrement reçu l'agrément.jai moi aussi l'intention de m'installer pas très loin...Aux Vanuatu.
Bon vent

Berthouloux 09/03/2016 14:54

Bonjour je souhaite fabriquer avec l'aide d'un ami qui bosse dans un chantier naval une demi coque en bois. Il s'agit de fabriquer un modèle Sauvignon pour l'offrir à un ami qui en possède un
Je ne trouve aucun plan de coupe nulle part pour la fabrication
savez vous où je peux en trouver ??
Bien cordialement et merci d'avance car nous somme bloqués
Pauline